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GAZ d'aujourd'hui - n°6-2005

Éditorial

Développement des débouchés et accroissement des transactions de court terme, tels sont les objectifs à réaliser pour les nouveaux entrants sur le marché français. Le dernier acteur en date, dans ce paysage énergétique élargi, n’est autre que le groupe russe Gazprom. Le 14 novembre dernier, il a ainsi obtenu du ministère chargé de l’énergie l'autorisation officielle de vendre son gaz sur le territoire.

La situation de Gazprom est exceptionnelle puisque, parmi les nouveaux fournisseurs, il ne partage sa position de société nationale de pays producteur qu’avec Statoil. Et si l’on peut parler de géant à propos du gazier russe, c’est parce qu’il contrôle 87 % des réserves de gaz connues en Russie, ce qui représente 20 % des ressources mondiales. Cette position lui permet d’envisager, sans fausse modestie, d’augmenter ses exportations en direction du marché français, qui s’élevaient à 14 milliards de m 3 en 2004*. Représenter à terme 10 % du marché final français est l’objectif clairement affiché de Gazprom. Mais ces déclarations d’intention seront-elles suivies de faits ? Gazprom devra évaluer son entrée sur le marché français en fonction, non seulement des arbitrages économiques entre un marché à court terme et un marché à long terme, mais également de l’impact de cette entrée sur les relations qu’il entretient déjà avec les opérateurs français. Il s’agit en effet pour lui, de continuer à renforcer ses partenariats avec les opérateurs français, tout en démarrant une activité qui les concurrence directement. Un choix qui devra être fait avec pondération.
L’ouverture fait également son chemin auprès des clients éligibles. Le dernier Observatoire de l’énergie, publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), fait état, au 1er octobre 2005, d’une augmentation de plus de 33 % des sites ayant exercé leur éligibilité pour le marché de déterail. De 39 000 au 1er juillet 2005, ils sont passés à 52 000, ce qui correspond à 46 % de la consommation des éligibles (176 TWh). Un peu moins de 8 % d’entre eux l’ont exercée en choisissant un fournisseur alternatif. Ce pourcentage peut paraître modeste, mais il cache une augmentation importante puisque ces 3 940 sites n’étaient que 772 au 1er juillet 2005. Derniers chiffres de ce 3 e trimestre de l’année : 14 fournisseurs alternatifs, sur les 35 autorisés sur le marché français, sont actifs et couvrent une part de marché de 16 % de la consommation d’énergie de l’ensemble des sites éligibles. Ce rapport de l’Observatoire de l’énergie démontre que, plus d’un an après la dernière phase de l’ouverture du marché du gaz à l’ensemble des professionnels, le nombre des activités non régulées s’accentue.

Daniel Paccoud
Délégué général

* source Cedigaz