Editorial
« Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera », écrivait Alain Peyrefitte dans son ouvrage référence, publié en 1973. La Chine s’est aujourd’hui éveillée, et l’ordre économico-politique né de la Seconde Guerre mondiale s’en trouve bouleversé. Quatrième puissance économique mondiale, atelier du monde pour le textile, l’électronique et bien d’autres secteurs, destination privilégiée des délocalisations et des investissements internationaux, la Chine est sortie de son autarcie pour prendre la place qui lui revient sur la scène internationale. Laquelle ? Si l’on se réfère à sa croissance économique et au nombre de ses habitants, ce devrait être la première. Un obstacle majeur peut cependant entraver cette marche en avant. La Chine est en effet le deuxième consommateur mondial d’énergies – après les États-Unis – alors qu’une partie seulement de son immense population prend une part active à sa toute récente société de consommation. Qu’arrivera-t-il demain lorsque l’ensemble de ses 1,3 milliard d’habitants – un cinquième de la population mondiale – sera concerné ? Le gouvernement chinois anticipe et scelle partenariats et autres accords avec les pays producteurs d’hydrocarbures du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud, d’Asie et d’Afrique. Mais une fois les sources d’approvisionnement trouvées, le pays peut-il se lancer dans une consommation effrénée d’énergies fossiles alors que les questions environnementales sont plus que jamais d’actualité ? La pollution est en effet un des défis principaux auxquels les autorités chinoises sont confrontées. Pour y répondre, elles ont entamé un rééquilibrage des consommations au profit d’énergies moins polluantes, le gaz naturel notamment. Mais là aussi des inconnues subsistent : vers quels fournisseurs de gaz se tourner ; faut-il favoriser l’approvisionnement par gazoducs ou préférer le GNL ? Comment remplacer une politique tarifaire qui, jusqu’à présent, rendait le charbon incontournable ? Et les Chinois ont-ils les compétences techniques pour développer le marché du gaz ? L’AFG participe, à son échelle, à l’essor du gaz naturel dans ce vaste pays. Elle a ainsi été sollicitée par la société Beijing Gas Group (BGG) et par le bureau d’études Beijing United Gas Engineering and Technology (Buget) pour mettre en place un cursus diplômant de longue durée. Objectif : former des cadres de BGG au management. C’est aujourd’hui chose faite. Douze étudiants chinois vont suivre, à Paris, les cours du mastère « Management, Organization, Strategy and Information Systems Master », de novembre 2006 à octobre 2007, organisé conjointement par l’AFG, la Sorbonne et le Collège des ingénieurs. Partenariat encore, mais d’un autre ordre et avec la Grande-Bretagne cette fois. L’AFG a en effet signé, le 19 septembre dernier, un accord de collaboration avec l’Igem, l’association britannique des ingénieurs gaziers. Dans un monde où les problèmes sont de plus en plus communs à différents pays et où les flux transfrontaliers se développent, il est important que les associations resserrent leurs liens.
Daniel Paccoud Délégué Général
Sommaire
Les dossiers > Chine et marché du gaz : contraintes et opportunités, par Catherine Locatelli, chargée de recherche CNRS, LEPII-EPE, université de Grenoble II, septembre 2006 > L'aval gazier chinois : implanter les débouchés, par Delphine Sixdenier, élève du mastère en ingénierie et gestion du gaz, promotion 2004-2005 > Le chauffage urbain en Chine, par Henri Bong, Claude Foulon et Roseline Legrand, Mission économique de l'ambassade de France en Chine > Mastère international en management gazier, par Julien-Raphaël Lecoq, chef de projet Formation, AFG Compétences & Formations > Plates-formes en mer : une maintenance bien huilée, par Lucien Fletcher III, directeur du service Marketing technique, et Ed Edelson, directeur du service Technique-Analyses, Anderol Inc, une unité de Kaufman Holdings Corporation > Les prix spot sont-ils devenus fous ?, par Thomas Huerre, économiste à la direction de la Recherche de Gaz de France, doctorat au Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières (CGEMP) à l'université Paris-Dauphine
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