Editorial
Production, approvisionnement, consommation, réserves, environnement…L’énergie est en quelques années devenue un enjeu politique et économique majeur. EDF est désormais la deuxième capitalisation boursière française, juste derrière Total. En Europe, on assiste à une vague de concentration des principaux fournisseurs pour, officiellement, sécuriser leur indépendance et leurs approvisionnements. De leur côté, les compagnies nationales des principaux pays producteurs de gaz posent leurs jalons pour vendre directement au client final européen, en court-circuitant les opérateurs traditionnels. Ce qui n’empêche pas l’une d’entre elles, le géant Gazprom, de pousser hors de Russie ses concurrents américains et européens. En Amérique latine, les pays se réapproprient l’un après l’autre leurs réserves d’hydrocarbures, au grand dam des compagnies étrangères. Sans parler bien sûr des conflits armés dont les origines ne sont pas sans rapport avec la question. Partout, la course à l’énergie est effrénée. Et partout, les conséquences sur l’environnement sont patentes. Alors, pendant que chaque État défend son champion pour acquérir qui plus de gaz, qui plus de pétrole, qui plus d’électricité, et cela au meilleur prix, chacun essaie dans le même temps de limiter les effets négatifs d’une consommation excessive. En France, le Parlement vient récemment d’adopter le projet de loi relatif à l’énergie. Le gouvernement a quant à lui rendu obligatoire, depuis le 1er novembre dernier, le diagnostic de performance énergétique pour tout vendeur d’un bien immobilier, ce pour diminuer le gaspillage d’énergie dans le bâtiment. La Commission européenne préconise pour sa part une série de mesures pour baisser de 20 % notre consommation d’énergie d’ici à 2020. Aujourd’hui coexistent donc une peur de manquer et une autre de consommer trop, la première risquant d’être rapidement la conséquence de la seconde. La fin désormais annoncée des énergies fossiles – à court, à moyen ou à long terme, les avis divergent – oblige dès à présent à repenser notre modèle passé de développement. Il est question aujourd’hui de faire une plus large place aux énergies renouvelables, de penser en termes de développement durable. Même dans l’Hexagone, où celui-ci et celles-là sont encore pour l’essentiel affaire de discours, les mentalités évoluent. Pour preuve, les premières entreprises productrices d’énergies « propres » ont fait leur entrée en Bourse. Et vu l’intérêt qu’elles suscitent déjà chez de plus grosses qu’elles, c’est qu’elles ont probablement un certain potentiel.
Daniel Paccoud Délégué Général
Sommaire
Les dossiers > "Le marché du gaz est aujourd'hui stratégique", interview de Yves-Louis Darricarrère, directeur général Gaz et Eléctricité du groupe Total > Plan d'action pour l'efficacité énergétique > Gaz naturel et hybridation, une association performante pour réduire le CO2 > Le décollage des systèmes solaire thermique-gaz > Le design : de l'esthétique au développement durable > Des mastériens en séminaire d'études en Russie > Le pic gazier : problématique, perspectives et enjeux pour les pays consommateurs > Les prix du gaz au Royaume-Uni : marchés et instabilité des approvisionnements
Les rubriques > Actualités du BNG > Actualités réglementaires > Nouveau > Vie de la profession
|
 |
|