Edito
L’été paresseux s’est dissipé. Entre congés, ponts et traditionnels bouchons de vacanciers, les cyclones et vagues de chaleur nous ont rappelé cette brûlante réalité : le thermomètre grimpe durablement. Le réveil est même douloureux pour certains pays émergents. Ainsi, la Chine voit-elle ses glaciers se réduire comme peau de chagrin. Seule issue : maintenir la température à son niveau actuel pour sauver… 10 % de ce qui représente dans certaines régions 80 % de l’eau potable. En Europe, la prise de conscience n’est pas neuve et les pays rivalisent d’ingéniosité pour réduire leurs émissions carbonées.
Parmi les instruments destinés à lutter contre le changement climatique, la contribution climat-énergie (CCE) française, dont les travaux lancés en juillet sont supervisés par l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, est probablement l’un des outils dont le maniement est le plus délicat. En effet, cette contribution doit répondre à deux impératifs : être effectuée à prélèvements constants et répartie de façon équitable pour être acceptée, tout en demeurant cependant efficace pour atteindre les résultats escomptés.
Le contexte fiscal et parafiscal français étant d’une grande complexité, nous devons rechercher des solutions privilégiant la simplicité pour préserver leur lisibilité et permettre à la population d’adapter correctement son comportement aux objectifs de développement durable. Dans cette perspective, la CCE doit viser un double objectif de lutte contre le changement climatique et d’encouragement des comportements sobres en carbone et en énergie. Ces deux composantes sont indissociables pour conférer à la CCE des leviers à la fois sur l’offre et sur la demande des biens et des services.
Alors, quelle sera l’assiette de la CCE ? Le livre blanc a esquissé deux possibilités. La première consiste à prendre en compte le volume de carbone émis lors des processus de production et de transport de l’ensemble des produits consommés. La seconde repose sur un prélèvement représentatif du contenu en CO2 de l’énergie.
La première possibilité permet aussi de prendre en compte le contenu en carbone des produits importés et commercialisés en France. Ou, lorsque les produits proviennent de modes de production différents, on peut appliquer des taux différents pour refléter leur impact environnemental.
En outre, elle a une vertu pédagogique bien nécessaire pour orienter les comportements des consommateurs vers les produits sobres en carbone et en énergie. Le critère discriminant n’est pas uniquement le prix, mais un prix associé à un critère écologique de façon identifiée pour chaque acte de consommation. Ceci permet de responsabiliser le choix des consommateurs sur la base des critères économiques et environnementaux. De son côté, le prélèvement sur le contenu CO2 de l’énergie ne reflète que très imparfaitement l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre puisqu’il n’agit que de façon diffuse sur les prix des produits finaux. L’Association française du gaz n’a bien sûr pas laissé passer cette occasion d’apporter sa contribution, pesant le pour et le contre des voies qui commencent à se dessiner. Cette communication est en ligne sur le site de l’association (www.afg.fr).
Assurément, pour accroître les chances de réussite de la CCE, sa mise en oeuvre doit être effectuée de façon graduelle, sachant qu’une valeur de l’ordre de 30 euros la tonne de CO2 correspond à environ 15 % de la facture de gaz naturel des ménages. Il faut veiller à amortir les effets de la CCE sur le pouvoir d’achat des ménages. En particulier dans le logement social où le chauffage au gaz naturel - moins cher et moins émetteur de CO2 que le fuel et le convecteur électrique - est la première source d’énergie, avec plus de 60 % de parts de marché. Il ne faudrait pas, dès la rentrée, angoisser nos vacanciers tout juste reposés d’une année dévastée par un autre cyclone, économique celui-là.
Daniel Paccoud
Directeur de la publication
Sommaire
Edito
Entretien : Ferran Tarradellas Espuny, porte-parole de la Commission européenne sur les questions énergétiques
> Infrastructures
Bâtiment | Certification ATG pour le sertissage Viega de Profipress
Interconnexion | Engagement avant le 30 septembre pour l’open season France-Espagne
Dossier | Congrès du gaz
Entretien avec Yves Colliou, directeur général adjoint de GDF SUEZ
Entretien avec Yves Coron, directeur général des services du Sigerly
Communications par affiches
> Utilisations et environnement
Dossier | Congrès du gaz :
Communications par affiches
Recherche | Le MEEDDM officialise l’Ancre
Débat | GE Energy séduit l’Australie avec la première centrale CCGI du monde
> Economie et commercialisation
Electricité | Augmentation des prix de l’électricité, Pierre Gadonneix s’explique
Réserves | La Louisiane, second réservoir américain
Finances | Poweo réussit son augmentation de capital
Marché | Un marché 2008 du gaz contrasté, selon l’AIE
Recherche | Les gazoducs, futurs réseaux d’hydrogène
Evénement | L’Oldenburger Gastage aborde cette année la « recommunalisation »
> Politique et institutions
Législation | Au Journal officiel
Tarifs | ELD : nouveaux tarifs d’utilisation
Concurrence | Amende record contre GDF SUEZ : le groupe introduit un recours
> Butane et propane
En bref | L’actualité du butane et du propane en bref
Partenariat | Antargaz et le Tour de France, une histoire qui dure
Renouvelables | Butagaz et le pack solaire
Services | Totalgaz surfe sur le déclic éco
Résultats | Poursuite d’une activité favorable au deuxième trimestre pour Rubis