L’AFG présente les résultats de l’étude technico-économique sur la trajectoire de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et souligne la vision trop ambitieuse du Gouvernement pour atteindre la neutralité carbone à horizon 2050

L’Association Française du Gaz (AFG) tenait aujourd’hui la douzième édition de sa Convention annuelle bilan et perspectives gazières, rassemblant près de 200 professionnels et experts du secteur.

Patrick Corbin, Président de l’AFG a profité de cette occasion pour faire part de l’inquiétude grandissante de la filière gazière concernant la trajectoire de la transition énergétique retenue par le Gouvernement dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Selon lui, « la PPE fait l’impasse sur la sécurité d’approvisionnement de la France. Le passage de la pointe électrique hivernale sera plus risqué du fait d’une électrification renforcée des usages, d’une augmentation de la production électrique intermittente et d’une réduction des moyens de production pilotables. »

A cela s’ajoute un fort mécontentement de la part de l’industrie gazière dû à la faible prise en compte du potentiel offert par les gaz renouvelables produits localement. Patrick Corbin estime que « l’approche comptable retenue n’est pas satisfaisante car elle entrave le développement de cette filière dotée de nombreux atouts pour les territoires. Il faut baisser les coûts de production mais pas avant d’avoir atteint un niveau suffisant de projets permettant de mettre en place des synergies industrielles efficaces ».

Pour soutenir ses arguments, l’AFG présente les résultats d’une étude technico-économique sur la trajectoire de la SNBC « Analyses de sensibilité de la trajectoire du scénario SNBC de référence des pouvoirs publics et analyses de couverture de la demande de pointe »*.

L’étude démontre dans un premier temps que la trajectoire de la transition énergétique telle que décrite dans la SNBC pour 2050 est extrêmement ambitieuse et sans commune mesure avec les réalisations de ces dernières années. En effet, elle contraint la France à suivre des objectifs difficilement atteignables en termes d’efficacité énergétique. La non-atteinte de ces objectifs, se traduira de facto par une augmentation des usages thermosensibles électriques et un accroissement des besoins de pointe de près de 20%. Un deuxième angle d’analyse fait apparaître un déficit de puissance dès 2035 au regard des éléments prévus par la PPE en matière de production électrique.

L’appui du système gazier dans les conditions actuelles de son dimensionnement se révèle donc indispensable pour venir combler ce déficit et dans des proportions importantes évaluées à 20/30 GWe en 2050. Enfin, la hausse très importante du niveau d’amortissement des surcoûts d’efficacité énergétique ne sera pas compensée par une baisse des coûts de fourniture entrainant ainsi une hausse des dépenses de consommation des ménages et celles de la collectivité de près de 40%.
 

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12 Mars 2019

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