La pyrogazéification, une filière énergétique performante et complémentaire de la méthanisation

Comme la méthanisation, la pyrogazéification est un procédé naturel de fermentation permettant de produire du biométhane de synthèse, une énergie renouvelable non fossile proche de la neutralité carbone. Cette filière, aisément stockable, s’adapte parfaitement aux besoins énergétiques locaux et constitue un élément clé de la dynamique économique des territoires. Complémentaire des autres énergies renouvelables, la pyrogazéification contribue à la transition écologique.

Qu’est-ce que la pyrogazéification ?

La pyrogazéification est un processus naturel de fermentation des déchets qui produit un gaz renouvelable, le biométhane de synthèse.

La pyrogazéification repose sur de la biomasse sèche, à savoir une grande variété de ressources difficilement valorisables : résidus de bois, bois non dangereux de démolition (portes, fenêtres, vieux meubles, panneaux d’industrie, etc) et “combustibles solides de récupération” (CSR).

Une fois récoltés et triés, ces déchets sont chauffés à très haute température (de 800 à 1 500 degrés), en présence d’une faible quantité d’oxygène. S’en suit une conversion des déchets en gaz à l’exception d’un résidu solide.

Bon à savoir : la pyrogazéification est une technique ancienne utilisée notamment jadis pour produire du charbon de bois. Au 19e siècle, elle servait également à fabriquer du « gaz de ville » produit à partir de houille.

Pyrogazéification : alliance de deux étapes de transformation, la pyrolyse et la gazéification

La pyrogazéification se déroule en deux étapes distinctes : la pyrolyse et la gazéification. Présentons ces deux procédés.

La pyrolyse : un procédé de combustion paramétrable

La pyrolyse consiste à chauffer les déchets de biomasse sèche à des températures généralement comprises entre 350 et 650 ℃, en l’absence – ou en présence d’une très faible quantité – d’oxygène. Ce procédé permet de produire un gaz combustible, un liquide (une huile ou un mélange d’hydrocarbures) et un résidu solide (nommé “coke” ou “char”). 

À noter : en sortie de pyrolyse, la proportion de gaz, de liquide et de solide dépend de plusieurs paramètres : la composition des déchets, la température de combustion, la pression de fonctionnement et la durée de pyrolyse.

La gazéification : conversion des déchets en syngaz

La gazéification consiste à chauffer les déchets secs à des températures comprises généralement entre 900 et 1 200 ℃, en présence d’une faible quantité d’oxygène. Excepté un résidu minéral et une petite quantité de carbone non transformés, l’ensemble des déchets est converti en un gaz de synthèse appelé syngaz.

Quels sont les atouts de la pyrogazéification ?

La pyrogazéification a l’avantage d’être une énergie renouvelable à la fois propre, locale et stockable. Cette filière apporte des réponses pragmatiques et concrètes aux besoins des territoires avec :

  • Une valorisation des ressources et déchets non recyclables : la pyrogazéification permet d’ouvrir le panel des déchets valorisables en énergie à la biomasse sèche. Elle propose une solution alternative à l’enfouissement ou à l’incinération de ces matières, deux actions souvent coûteuses pour les collectivités locales.
  • Une décarbonation de notre bilan énergétique : le biométhane de synthèse produit par pyrogazéification présente un bilan environnemental très favorable (avec une réduction du bilan carbone, des polluants et des poussières atmosphériques).
  • Une production de gaz renouvelable injectable et stockable : le biométhane de synthèse est directement injectable dans les réseaux gaziers et peut être utilisé pour nos usages domestiques, industriels et de mobilité. Aussi, cette énergie peut être facilement stockée pour s’adapter tout au long de l’année aux besoins des collectivités.
  • Le déploiement d’une économie circulaire locale : cette filière encourage la création d’emplois non délocalisables et la synergie entre les installations valorisant toutes les autres variétés de déchets.

Bon à savoir : des études prétendent que la production de biométhane par pyrogazéification de la biomasse bois pourrait permettre de réduire les émissions de carbone de 180 g CO2 / kWh par rapport au gaz naturel.